Histoire de la Corse
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Situation
La Corse fut la première nation démocratique constitutionnelle au monde, initiatrice de la constitution (première constitution lors de la révolution de 1735 et seconde constitution en 1755).
Reprise par les français après la défaite de Ponte Novu (Haute Corse) les 8 et 9 mai 1769, la corse redeviendra indépendante sous leRoyaume Anglo-Corse de 1794 à 1796.
La Corse fut monodépartementale de 1790 à 1793 et de 1811 à 1976.
Historique
Préhistoire
Même si la légende dit joliment, que c'est une femme appelée Corsa qui serait arrivée la première dans ce pays en compagnie d'un troupeau de vaches, c'est quand même la dame de Bonifacio, morte à 40 ans à peine, qui est le plus ancien reste humain attestée de Corse datant de 6 570 av JC.
Ces premiers corses vivent de cueillette (coquillages, baies sauvages) et de chasse (lapin-rat) et ont pu disparaître sans descendance.
Au néolithique ancien, au VIe millénaire av JC, arrivent dans l'île les premiers néolithiques qui sont les ancêtres des corses. Cette civilisation est marquée par l'apparition de l'agriculture, de la domestication des animaux utiles à l'homme et des premiers villages. Cultures et troupeaux apparaissent.
Au Ve millénaire av JC, soit 2 000 ans avant la connaissance de l'olivier planté, ils obtiennent de l'huile d'olive en écrasant deux espèces composantes du maquis, le pistachier lentisque et l'oléastre ou olivier sauvage.
Le peuplement de la Corse
Après avoir fait hypothétiquement partie d'un Royaume de Sardaigne et de Corse, créé par la papauté à la fin de la domination romaine et après les invasions barbares et sarrasines, l'île est dominée successivement par Pise et par Gênes. Cette dernière a du mal à tenir l'île et s'endette auprès de la France pour financer des troupes et des mercenaires.
Un traité en 1768 cède provisoirement la Corse à la France en gage des dettes non remboursées par les Génois (et par la Banque Saint-Georges qui finançait la Superbe). La Corse fut la première nation démocratique dotée d'une constitution au monde, initiatrice de la constitution écrite (première constitution lors de la révolution de 1735 et seconde constitution en 1755). Jean-Jacques Rousseau est le prestigieux rédacteur de la seconde, à la demande de Pascal Paoli.
Prise par les Français après la défaite de Ponte-Novu (Haute-Corse) les 8 et 9 mai 1769, la Corse redeviendra brièvement indépendante sous le Royaume Anglo-Corse de 1794 à 1796 (les Anglais étant désireux de contrer les ambitions françaises en Méditerranée.
La Corse fut monodépartementale de 1790 à 1793 et de 1811 à 1976.
Indépendance
Pascal Paoli débarque le 29 avril 1755 à Aléria et est élu Général de la Nation le 14 juillet 1755.
Paoli n'est pas accueilli comme un homme providentiel par tous les corses et devra affronter durement pendant deux ans les Matra, héritiers de Gaffori, et leur partisans avant de s'imposer sur toute l'île hormis les villes côtières génoises.
En novembre 1755, Paoli fait voter la constitution nationale corse à la consulte de Corte. Cette constitution, extrêmement moderne, instaure une justice et un gouvernement représentatif et établit la séparation des pouvoirs et fait l'admiration de l'Europe des lumières dont, surtout, Jean-Jacques Rousseau.
La Corse a été la première région du monde à se doter d'un état démocratique moderne avant même la guerre d'Indépendance américaine et la Révolution française.
Paoli choisit Corte comme capitale de son gouvernement de la nation corse.
Calvi et Algajola étaient des villes toutes dévouées à Gênes, Pascal Paoli leur donne une cité concurrente. Il fonde, en 1758, l'Ile Rousse sur l'emplacement d'une ancienne cité romaine, pour concurrencer ainsi les présides génoises de Calvi et d'Algaiola.
Pour lutter contre le blocus maritime génois, Paoli met sur pied une petite marine de guerre d'une quinzaine de navires qui arborent le pavillon à tête de Maure. Le drapeau national corse avec la tête de Maure est adopté en 1760 en remplacement de l'Immaculée Conception de la Vierge.
Paoli décide de relever sur le front de la tête de Maure le bandeau qui couvre les yeux ; " les corses veulent y voir clair ".
Il crée, en 1760 , une imprimerie nationale à Campulori qui publie le premier journal officiel corse intitulé Ragguagli de l'Isola di Corsica (Rapport de l'île de Corse).
En 1762, le Cap Corse se rallie à Paoli à la consulte de Luri. Il décide de frapper une monnaie à l'effigie de la tête de Maure en 1762 à Murato.
Il crée, en janvier 1765, une université à Corte qui enseigne la théologie, le droit civil et canon, l'éthique, la philosophie, le dogme et les sciences et dont les études sont gratuites.
Par le traité de Versailles du 15 mai 1768, Gênes cède la souveraineté de la Corse à la France pour dix ans en gage d'une dette annuelle.
La conquête de la Corse se fait en deux campagnes :
la première voit, en juillet 1768, les troupes françaises occuper le Cap Corse mais subir une grave défaite à Borgo le 9 octobre 1768.
La seconde ne dure que quatre jours : l'armée de Paoli est écrasée à Ponte Nuovo le 8 mai 1769 (4 324 morts). Pascal Paoli part en exil le 13 juin 1769, en Angleterre.
A Ajaccio en 1769 : naissance de Napoléon Bonaparte.
La révolution
Aux États généraux, les représentants de la Corse présentent un cahier de doléances avec des revendications spécifiques à la Corse telles que des mesures en faveur de l'instruction publique, la réouverture de l'université de Corte, l'attribution des emplois publics dans l'île à des corses, une réforme du système douanier, l'autorisation du port d'armes et le droit pour les navires corses d'arborer le pavillon avec la tête de Maure. Comme on peut le constater, ces revendications ont toujours cours 200 ans après.
L'agitation grandit et une émeute éclate à Bastia le 5 novembre 1789.
Le 30 novembre 1789, l'assemblée nationale vote le décret par lequel la France annexe la Corse et qui autorise les corses expatriés d'eux-même, après avoir combattu pour la liberté tel Paoli, à rentrer en Corse.
Le 15 janvier 1790, la Corse devient un département avec Bastia comme chef-lieu.
En avril 1790, Pascal Paoli revient à Paris de son exil anglais et est accueilli triomphalement à l'assemblée nationale comme un héros de la Révolution naissante.
En juillet 1790, Paoli revient en Corse et est élu commandant en chef des gardes nationales de l'île et président du directoire départemental.
En juin 1791, une émeute religieuse à Bastia est réprimée par Paoli qui transfère le chef-lieu à Corte.
En avril 1792, les émeutes se multiplient à l'Ile Rousse et à Ajaccio. Sous la Convention, l'échec d'une expédition en Sardaigne, à laquelle participe Napoléon Bonaparte, jeune officier depuis 1785, en février 1793, est imputé à Paoli par les Jacobins, Saliceti et Arena.
Le 2 avril, la Convention décrète l'arrestation de Paoli et de Pozzo di Borgo. Le 27 mai 1793, la consulte de Corte condamne le gouvernement français et proclame Paoli, Père de la Patrie, et ses partisans saccagent la maison Bonaparte à Ajaccio le 10 juin. Pour affaiblir Paoli, la Convention divise, le 3 juillet, la Corse en deux départements : le Golo (Bastia) et le Liamone (Ajaccio). Le 17 juillet, Paoli et Pozzo Di Borgo sont mis hors la loi par la Convention et se tourne vers l'Angleterre.
Le royaume anglo-corse
Après la rencontre de Paoli et de sir Elliot, en février 1794, la flotte anglaise, commandée par Nelson, futur amiral vainqueur de la bataille de Trafalgar contre Napoléon, prend Saint Florent (février), Bastia (mai) et Calvi (août).
Le 15 juin 1794, le consulte de Corte adopte la constitution du royaume anglo-corse dont le vice-roi est sir Elliot. En octobre 1795, Paoli en désaccord avec sir Elliot, est exilé à Londres par le roi Georges III.
En octobre 1796, les Anglais évacuent la Corse occupée par les troupes françaises de l'armée d'Italie.
Le directoire, le consulat et l'empire
En 1796, la Corse est divisé en deux départements , le Golo et le Liamone. En 1798, la révolte de la Grocetta (les insurgés arborent une petite croix blanche à leur béret), inspirée par le clergé, avec comme chef, le fils de Giafferi, contrôle la Cesinca, la Balagne et le Niolu, mais est réprimée sévèrement et Giafferi est exécuté. En novembre 1799, Napoléon Bonaparte devient premier consul. Il suspend la constitution pour la Corse et y nomme un administrateur général. Le premier administrateur, Miot de Melito, fait alléger le poids de la fiscalité (Arrêtés Miot)
Arrêtés Miot : réduction des droits d'enregistrement pour les ventes, les donations







