Charles de Gaulle

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Charles André Joseph Marie de Gaulle (né à Lille le 22 novembre 1890 - mort à Colombey-les-Deux-Églises le 9 novembre 1970), militaire de carrière et homme d'État français, président de la République de 1958 à 1969.

Sommaire

Éducation et famille

Né à Lille le 22 novembre 1890, dans une famille catholique et cultivée, Charles de Gaulle était le fils d'Henri, professeur de lettres et d'histoire(22.11.1848-1932), et de Jeanne Maillot(28.04.1860-1940) . Charles a trois frères:

  • Xavier de Gaulle (1887-1955)
  • Jacques de Gaulle (1893-1946)
  • Pierre de Gaulle (1897-1959)


Charles de Gaulles fait une partie de ses études primaires à l'école Saint Thomas d'Aquin (aujourd'hui lycée privé Saint Thomas d'Aquin) à Paris.Lors de la crise politique résultant de la séparation de l'Église et de l'État en 1905, Charles de Gaulle est amené à poursuivre ses études en Belgique, première expérience d'exil.

Entré 119e sur 221 à l'École militaire de Saint-Cyr en 1908 après avoir fait ses classes Collège privé catholique Stanislas à Paris, il en sortit diplômé en 1912 (Promotion Fès dont le major fut le futur Maréchal Juin) et rejoignit l'infanterie. Affecté au 33e régiment d'infanterie à Arras où il avait effectué comme élève officier son année de troupe, il est de nouveau sous les ordres du colonel Philippe Pétain.

Première Guerre mondiale

Lieutenant au début de la Première Guerre mondiale, il est ensuite nommé capitaine en janvier 1915. Blessé dès son premier combat à Dinant le 15 août 1914, il rejoint le 33e RI sur le front de Champagne pour commander la 7e compagnie. Il est à nouveau blessé le 10 mars 1915 à la main gauche, sur la Somme. Décidé à en découdre, il désobéit à ses supérieurs en ordonnant de tirer sur les tranchées ennemies. Cet acte lui vaut d'être relevé huit jours de ses fonctions.

Le 2 mars 1916, son régiment est attaqué et presque détruit par l'ennemi en défendant le village de Douaumont, près de Verdun. Sa compagnie est anéantie au cours de ce combat et les survivants sont encerclés. Il tente alors une percée, mais il est blessé d'un coup de baïonnette à la cuisse. Pris par les troupes allemandes, il est soigné et interné.

Après une tentative d'évasion manquée, Il est transféré au fort d'Ingolstadt, en Bavière, un camp de représailles destiné aux officiers remuants. Il y croise le futur général Georges Catroux, le journaliste Rémy Roure, l'éditeur Berger-Levrault et le futur maréchal soviétique Toukhatchevski.

Mais surtout, il tente de s'évader à cinq reprises, sans succès. Il est libéré après l'armistice. Il gardera toutefois de la Grande Guerre une élévation à la dignité de Chevalier de la Légion d'honneur, le 23 juillet 1919.

Entre-deux-guerres

Charles de Gaulle poursuit sa carrière militaire.

De 1919 à 1921, il est en poste en Pologne.

Charles de Gaulle épouse le 7 avril 1921 Yvonne Vendroux (22 mai 1900 à Calais - 8 novembre 1979 à Paris), dont il aura trois enfants :

  • Philippe de Gaulle (28 décembre 1921 à Paris).
  • Élisabeth de Gaulle, née le 15 mai 1924 à Paris.
  • Anne de Gaulle (1er janvier 1928 à Trèves - 6 février 1948 à Colombey-les-Deux-Églises), née trisomique.

À partir de 1921, il est chargé de cours à Saint-Cyr. Il fait partie du cabinet du Maréchal Philippe Pétain de 1925 à 1927, affecté à Trèves jusqu'en 1929, puis au Levant jusqu'en 1931. Il retourne alors travailler auprès du Maréchal Pétain, au secrétariat du Conseil supérieur de la défense nationale.

C'est durant ces années que Charles de Gaulle développe ses théories militaires : il publie La Discorde chez l'ennemi (1924), Le Fil de l'épée (1932), Vers l'armée de métier (1934) et La France et son armée (1938).


Seconde Guerre mondiale

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, il est colonel , commandant le 507e régiment de chars, à Metz. Le 14 mai 1940, il est désigné pour commander la nouvelle 4e Division cuirassée (5 000 hommes et 85 chars) avec laquelle il exécuta une contre-attaque vers Montcornet, au nord-est de Laon. Ce fut la seule contre-attaque alliée de la campagne de France qui parvint à repousser les troupes allemandes. Le 1er juin, il fait fonction de général de brigade à titre temporaire.</br> Le 6 juin 1940, Paul Reynaud le nomme Sous-secrétaire d'État à la guerre.Le 16 juin rentré de Londres à Bordeaux, de Gaulle apprend que Reynaud a démissionné et que Pétain a constitué un nouveau ministère dont il ne fait pas partie. Refusant de reconnaitre celui-ci, nommé pour demander l'armistice, il décide de repartir. Il quitte la France pour l'Angleterre le 17 juin après que le maréchal Pétain eut été nommé Ministre d'Etat et Vice-Président du Conseil par le Président de la République Albert Lebrun.

Appel du 18 juin

Le 18 juin, de Gaulle se prépare à parler au peuple français via la BBC, depuis Londres. Le cabinet britannique tente de s'y opposer, mais Winston Churchill le soutient. Depuis la France, l'appel du 18 Juin put être entendu à 19 heures. De ce jour, ce texte demeure l'une des plus célèbres allocutions de l’Histoire de France.l'Appel

Le gouvernement britannique avait au préalable proposé au ministre français de l'Intérieur Georges Mandel de passer en Angleterre et de lancer lui-même un appel. Mandel s'était, par ses avertissements répétés contre les menaces du IIIe Reich (et en opposition à ce sujet avec son ami le Président du Conseil Léon Blum), signalé comme un homme d'État et de caractère.

La France Libre

Le 27 juin, de Gaulle prend le titre de <<Chef des Français libres>> et affirme que le ministère Pétain, bien qu'établi dans les formes constitutionnelles, n'est pas un gouvernement régulier, mais une simple autorité de fait, parce que sous la dépendance de l'ennemi.</br>

Archives J.O 1940:Apatride 1940-1944
Archives J.O 1940:Apatride 1940-1944

De Londres, de Gaulle forme d'abord et dirige les Forces françaises libres. En France, de Gaulle est condamné par contumace par le Tribunal militaire de Toulouse d'abord à quatre ans de prison et 1 000 F d'amende puis, par le tribunal de Vichy à la peine de mort et à la confiscation de ses biens, le 2 Août 1940 pour trahison.</br>

|Obtenant le ralliement de plusieurs possessions coloniales françaises, surtout en Afrique, il constitue la France Libre et s'impose non sans difficultés comme Chef, gouvernée par son Comité National Français. Mais il fait surtout en sorte que la France reste présente dans le camp allié, par ses Forces françaises libres (FFL) qui continuent le combat sur les différents fronts. En outre, il stimule et obtient le ralliement de la résistance intérieure, grâce au Colonel Passy, à Pierre Brossolette et à Jean Moulin, ce qui le conduit à transformer la France libre en France combattante. Ce ralliement n'allait nullement de soi : comme l'a noté Robert O. Paxton dans La France de Vichy, en 1940, les résistants de gauche refusent de voir dans ce militaire trop proche de l'Action française un chef convenable, et beaucoup de résistants de droite lui reprochent sa dissidence explicite avec Vichy — à moins qu'ils ne préfèrent, comme Marie-Madeleine Fourcade, n'avoir de relations qu'avec les services secrets anglais. Selon Jean Pierre-Bloch, Christian Pineau, Henri d'Orléans (« comte de Paris ») et même le gaulliste Pierre Lefranc, le ralliement à la République n'aurait d'ailleurs été que tactique, avant une restauration monarchique (selon Henri d'Orléans). Mais les républicains étant hégémoniques dans la Résistance intérieure et de plus en plus puissants au sein de la France libre, la concurrence du général Giraud, qui commet lui la maladresse de ne pas condamner Pétain avant septembre 1943, l'invite à rallier les républicains et à en obtenir le soutien.

Charles de Gaulle pendant la Seconde Guerre mondiale

À partir de 1942, De Gaulle devient l'incarnation de la France, en opposition au Maréchal Pétain. Il obtient ainsi de Churchill la signature le 7 août 1940 de l'accord des Chequers, par lequel la Grande-Bretagne s'engage à sauvegarder l'intégrité de toutes les possessions françaises et à la « restauration intégrale de l'indépendance et de la grandeur de la France ». Le gouvernement britannique s'engage de plus à financer toutes les dépenses de la France Libre.


La libération de la France et de ses colonies

Malgré son exclusion par Roosevelt du débarquement anglo-américain en Afrique du Nord (Opération Torch), et surtout malgré le soutien apporté par les États-Unis à l'Amiral François Darlan, puis au général de groupe d'armées Giraud, de Gaulle réussit à prendre pied à Alger en mai 1943. Il y créé avec Giraud le Comité français de la Libération nationale (CFLN), pour unifier la direction de l'Empire libéré, et fut bientôt à sa tête. Le CFLN prit le nom de Gouvernement provisoire de la République française (GPRF) en juin 1944, et se verra transféré à Paris libéré en septembre 1944.

Au gouvernement provisoire de la France

De Gaulle initie l'attribution du droit de vote aux femmes de France à la Libération. D'autres réformes sont entreprises à la Libération, des nationalisations à la mise en place d'un système de sécurité sociale moderne, notamment (bien que pas autant que celui de l'Alsace, qui avait gardé depuis 1918 celui de Bismarck et le conserva donc). Elles doivent beaucoup à la SFIO, Parti communiste et au Mouvement républicain populaire (MRP).

Après la guerre, de Gaulle est brièvement Président du gouvernement provisoire à partir d'octobre 1945 mais il démissionne en janvier 1946.

Parcours politique pendant la IVe République

Le 16 juin 1946, de Gaulle expose sa vision de l'organisation politique d'un État démocratique fort à Bayeux ; mais il n’est pas suivi. La gauche, les démocrates-chrétiens et une partie de la droite considèrent que ses idées sont trop éloignées de la tradition républicaine et parlementaire.

Fondation du RPF

En 1947, il fonde un mouvement politique, le Rassemblement du peuple français (RPF) afin de transformer la scène politique française, de lutter contre le régime "exclusif" des partis, de s'opposer à l'avancée du communisme et de promouvoir une nouvelle réforme constitutionnelle privilégiant le pouvoir exécutif. Il propose également une troisième voie économique (l'association capital-travail). Le RPF reprend également les thèmes de la droite la plus traditionnelle : ultraconservatisme colonial (il critique jusqu'à la construction de lycées d'enseignement général à Madagascar), anticommunisme virulent (exploitant les inquiétudes sur l'avancée du communisme dans l'Union française et en Indochine) et même, au moins jusqu'en 1950, la clémence de Philippe Pétain, dont les députés RPF à l'initiative de Louis Terrenoire demandent l'amnistie. Les déclarations du Colonel Rémy réhabilitant le rôle du maréchal Pétain seront néanmoins immédiatement désavouées par le général de Gaulle mais pas l'initiative de Terrenoire. Il est vrai, comme le rappelle l'historien René Rémond (dans Les Droites en France), que c'est au nom de la réconciliation nationale qu'en 1949 et 1950, le même général De Gaulle plaidait pour l'élargissement du "vieillard de 95 ans".

Le RPF est irrémédiablement affaibli par la défection de 27 députés comme Édouard Frédéric-Dupont et Edmond Barrachin qui votent, contre les consignes du Général, la confiance au gouvernement d'Antoine Pinay en 1952. En juillet, quarante-cinq autres font défection. Les gaullistes se divisent alors entre les loyalistes dans l'Union des républicains d'action sociale (URAS) alors que les autres rejoignent l'Action républicaine et sociale (ARS).

Aux élections locales de 1953, le RPF perd la moitié de ses suffrages. Il entre alors en hibernation alors que le Général de Gaulle se retire à Colombey-les-Deux-Églises.

Les élus gaullistes participeront encore avec le PCF à l'échec de la CED en 1954, avant la mise en sommeil définitive du RPF le 13 septembre 1955.


Crise de l'Algérie

À la suite des échecs de la Quatrième République en Indochine et en Algérie, une insurrection éclate à Alger et les putchistes civils et militaires organisent un Comité de salut public (en référence à celui de la Révolution française) le 13 mai 1958 pour maintenir l'Algérie française. Ils en appellent au retour du Général de Gaulle. L'antenne d'Alger mise en place par le ministre de la Défense Jacques Chaban-Delmas dès 1957, dirigée par Lucien Neuwirth et Léon Delbecque a influencé les partisans de l'Algérie dans la république française. Comme l'a rapporté Olivier Guichard dans Avec de Gaulle (voir bibliographie), l'antenne d'Alger faisait surtout de la transmission : le travail d'influence était supervisé par les deux plus proches collaborateurs du général de Gaulle, Guichard lui-même et, pour les militaires, Jacques Foccart. Le Général « savait tout, bien entendu », selon Olivier Guichard.

Les élus de la Nation reculent devant l'émeute. Le président René Coty en appelle alors à de Gaulle en menaçant de démissionner .Il est nommé Président du Conseil le 1er juin 1958 et obtient du parlement des pouvoirs constitutifs.

De Gaulle revenu au pouvoir grâce au soulèvement de l'armée et des Français d'Algérie, le 13 mai 1958. Ces derniers craignaient à juste titre que le gouvernement de la IVe République ne négocie un retrait des trois départements algériens. Ils placèrent leurs espoirs dans le Général qui leur promit sans ambages de maintenir l'intégrité du territoire.


Comme il l'avait annoncé, il emploie ses pouvoirs à faire rédiger une nouvelle Constitution selon les idées exprimées dans le Discours de Bayeux : mettre un terme à la « dictature parlementaire », jugée responsable de l'instabilité des gouvernements et d'une politique chaotique, et instaurer un régime présidentiel.

En septembre, un référendum approuve la nouvelle Constitution à 83 %, marquant ainsi le passage à la Cinquième République.

Au pouvoir pendant la Ve République

En décembre, de Gaulle est élu Président de la République avec 78 % des voix au suffrage indirect par plus de 80 000 grands électeurs.

Charles de Gaulle prend ses fonctions de Président de la République le 8 janvier 1959. Il engage de difficiles mesures pour revitaliser le pays, avec en particulier l'introduction du nouveau franc (valant 100 anciens francs).

Sur la scène internationale, refusant la domination des États-Unis comme de l'URSS, il défend une France indépendante, disposant de la force de frappe nucléaire. Il met en place également les débuts du programme spatial français. En tant que membre fondateur de la Communauté économique européenne (CEE), il oppose son veto à l'entrée du Royaume-Uni.


Quatre ans de conflit en Algérie

Echo d'Alger 5 juin 1958
Echo d'Alger 5 juin 1958

En ce qui concerne la guerre d'Algérie, de Gaulle suscita d’abord de grands espoirs parmi les Français d’Algérie auxquels il déclara le 4 Juin 1958 "je vous ai compris".


le 28 octobre 1959, de Gaulle déclara lors de la tournée des popotes "moi vivant, jamais le drapeau du FLN ne flottera sur l'Algérie".
Cependant il réalisa rapidement qu'il n'était pas possible de résoudre le conflit par une simple victoire militaire et soutint l'indépendance de l'Algérie. Jusqu'à l'hiver 1961/62, il choisit tout de même de poursuivre la guerre, au prix de nombreuses victimes et, selon l'historien Rémi Kauffer, d'un accroissement de l'usage de la torture. Jusqu'à la fin de 1961, la lutte contre le FLN est menée avec autant de vigueur, et même davantage, qu'avant. Selon Constantin Melnik, conseiller spécial de Michel Debré chargé de coordonner les services secrets, il y eut environ 500 assassinats politiques entre 1958 et 1961, dont certains n'avaient d'ailleurs aucun rapport avec la guerre d'Algérie, comme celui de Félix Moumié, indépendantiste camerounais.

Avec l'armée de conscription, il fait échec au putsch des généraux à Alger en avril 1961. Cette attitude provoqua de fortes résistances dans certains groupes nationalistes et de Gaulle fut obligé de réprimer des soulèvements de pieds-noirs en Algérie. Il fut alors la cible d'organisations terroristes telles que l'Organisation armée secrète O.A.S. qui le surnommait la « Grande Zohra ». La métropole devint alors l'objet de vagues d'attentat de l'OAS et de règlements de compte du FLN.

Dans la nuit du 17 au 18 octobre 1961 (au lendemain de l'assassinat de policiers par des militants du FLN), une manifestation pacifique d'Algériens, encore citoyens français, qui protestaient contre le couvre-feu imposé en métropole aux ressortissants d'Afrique du nord, est férocement réprimée : matraquages, coups de feu, internement pendant plusieurs jours dans des conditions épouvantables. Le préfet de police Maurice Papon couvre alors ses policiers et le gouvernement l'ensemble de ses fonctionnaires. Selon le rapport de l'avocat général Jean Geromini, remis le 5 mai 1999, il y eut au moins 48 noyés pendant la nuit du 17 au 18 octobre, sans compter les personnes décédées des suites de leurs blessures ou de leurs conditions d'internement. Selon l'historien et éditorialiste Alain-Gérard Slama et Linda Amiri (qui a dépouillé les archives de la préfecture de police), le chiffre total est de l'ordre d'une centaine de victimes (L. Amiri compte 100 morts certains et 31 disparus).

  • Pour comprendre la férocité de la répression policière d'octobre 1961, il importe de se

rappeler la conjoncture. Dès 1958, le FLN, qui menait en Algérie la bataille pour l'indépendance, avait importé la guerre dans la métropole et multiplié les attentats, d'abord

contre l'appareil de production (ports, raffineries, etc.), puis contre les policiers. 
Les attentats individuels, qui visaient indistinctement tous ceux qui portaient l'uniforme,
connurent une flambée au printemps 1961, puis, après une trêve due aux négociations en cours à 
Évian et à Lugrin entre le gouvernement français et le FLN, à partir de la fin septembre 1961.
47 policiers tués dans le ressort de la préfecture de police (dont 15 supplétifs musulmans), 
140 blessés, des attentats quasi quotidiens, une menace permanente : tel était alors le bilan
de l'action du FLN.
http://www.histoire.presse.fr/lire.asp?Sku=258&Titre=Maurice+Papon+et+la+nuit+du+17+octobre+1961 

Quelques mois plus tard, le 8 février 1962, lors d'une manifestation interdite, neuf manifestants sont tués par les forces de police au métro Charonne, dont huit sur le coup et un à l'hôpital. Selon l'historien Jean-Paul Brunet, professeur émérite à Paris-IV Sorbonne nouvelle et à l'ENS de la rue d'Ulm, Charles de Gaulle est « tout autant responsable de cette tragédie que le ministre de l'Intérieur Roger Frey, le préfet de police Maurice Papon, et toute la hiérarchie policière ». Une des raisons est, explique J.-P. Brunet « l'autoritarisme » du général. Selon l'historien Alain Dewerpe, directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales, le massacre de Charonne n'est qu'une conséquence logique des « habitus de pouvoir » de De Gaulle et des gaullistes, dans la situation de la guerre d'Algérie : « la répression, même à éclipses, est devenue quasi automatique », et le respect de la vie humaine n'a rien d'un principe intangible.

Quant à l'organisation des résistants de l'Algérie française, l' O.A.S,commandée par des Grands militaires qui ont appelé au pouvoir de Gaulle, elle fut réprimée par des moyens impitoyables : exécutions sommaires, torture, polices parallèles "les Barbouzes", lesquelles n'hésitaient pas à recruter des truands, comme Georges Boucheseiche et Jean Augé. La Cour de sureté de l'État fut créée en janvier 1963 pour en condamner les chefs, lesquels seront amnistiés quelques années plus tard (la Cour continue ensuite de juger des résistants, jusqu'à sa suppression, en août 1981).

En 1962, suite aux accords d'Evian, un "cessez-le-feu" est proclamé en Algérie. Le Général de Gaulle fit adopter par référendum (sans consultation des Français d'Algérie)l'indépendance de l'Algérie, effective en avril 1962.


En septembre 1962, Charles de Gaulle proposa d'amender la Constitution afin de permettre au président d'être élu au suffrage direct. La réforme de la Constitution, malgré l'opposition du Parlement, de la totalité de la gauche et d'une bonne partie de la droite fut aisément acceptée lors d'un référendum populaire (62 % de « OUI »).

En octobre, l'Assemblée nationale vota une motion de censure contre le gouvernement Pompidou, mais le général refuse la démission que lui présentait le Premier ministre et choisit de dissoudre l'assemblée. Les nouvelles élections renforcèrent la majorité parlementaire gaulliste.

Politique étrangère

De Gaulle dut attendre la fin du conflit en Algérie pour lancer réellement sa politique étrangère. En effet, le « boulet algérien » réduisait considérablement la marge de manœuvre française et, d'une façon ou d'une autre, il fallait avant toute chose mettre un terme à ce conflit. La politique de « l'indépendance nationale » est alors pleinement mise en application.


Le 19 décembre 1965, il fut réélu président de la République pour un nouveau mandat de 7 ans. De Gaulle n'est élu qu'au second tour de l'élection, mis en ballottage par François Mitterrand et Jean Lecanuet avec 13 083 699 voix, soit 55 %.
Il refusa au Royaume-Uni l'entrée dans la CEE, il condamna l'aide militaire apportée par les États-Unis d'Amérique à la République du Viêt Nam (dite Viêt Nam du Sud) contre la rébellion communiste menée par le Viêt Minh (guérilla soutenue par le Nord-Viêt Nam), ainsi que la riposte israélienne au blocus du détroit de Tiran par l'Égypte, lors de la guerre des six jours, et en 1966 la France se retira du commandement militaire intégré de l'OTAN, expulsant les bases américaines de son territoire, tout en restant membre de l'Alliance atlantique. Charles de Gaulle et Ho Chi Minh suspendus en effigie lors du Jour national de la honte, à Saïgon, en juillet 1964 Agrandir Charles de Gaulle et Ho Chi Minh suspendus en effigie lors du Jour national de la honte, à Saïgon, en juillet 1964

Attentat du Petit-Clamart

Un polytechnicien ingénieur de l'armement nommé Jean-Marie Bastien-Thiry agé de 35 ans considérait l'indépendance de l'Algérie, même ratifiée par référendum, comme une forfaiture. Il conçut avec l'aide de personnes partageant son point de vue (appartenant à l'OAS - Organisation armée secrète) d'enlever De Gaulle ou même, si ce rapt se révélait impossible, de le tuer.

Dans la déclaration qu'il fit lors de l'ouverture de son procès en 1963, Bastien-Thiry développa les motivations du complot basé essentiellement sur la politique algérienne du Général de Gaulle. le 11 mars 1963 , alors que les autres membres du commado furent grâciés, tout comme d'ailleurs les autres membres de l'OAS qui furent pris.

De nombreux autres attentats furent également organisés malgré le fait accompli de l'indépendance, aliénant progressivement l'opinion publique face aux agissements terroristes de ces soldats perdu


Le départ

« Je cesse d'exercer mes fonctions de président de la République. Cette décision prend effet aujourd'hui à midi ».

Charles de Gaulle prit donc congé de la République le 28 avril 1969, prit quelque repos en Irlande (d'où il vota par correspondance), puis se retira à Colombey-les-Deux-Églises, où il travailla à l'écriture de ses Mémoires, et où il mourut le 9 novembre 1970. Il voyagea aussi en Espagne où il rendit visite de courtoisie au général Franco (Winston Churchill et Dwight Eisenhower l'avaient précédé plusieurs années auparavant, l'un officieusement lors de ses nombreuses escapades en Espagne, l'autre officiellement) déclarant regretter ne pas avoir pu l'avoir rencontré plus tôt du fait des circonstances internationales.

Remarque

Revisiter l’Histoire : ce n’est ni un privilège de quelques-uns ni ou un droit négociable, chichement octroyé ou remis en cause par l'État.
C'est d'abord une nécessité.
C’est aussi le courant inéluctable apporté par les points de vue évolutifs des générations successives.
C’est en même temps une démarche indispensable si l’on entend garder vivante la mémoire des Peuples.

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