45258 - Puiseaux (l'église)

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Historique

L’église, dédiée à Notre-Dame, a dû commencer à sortir de terre dans la première moitié du XIIIe siècle et la construction s’est poursuivie jusque vers les années 1260. Le visiteur est surpris par l’ampleur des proportions du monument édifié dans un bourg rural dont la population à l’époque dépassait tout juste 1000 habitants. Il ne faut pas oublier qu’il s’agissait d’une église paroissiale mais aussi conventuelle, ce qui explique que le chœur (réservé au moines) et la nef aient à peu près les mêmes dimensions.

Dès l’origine, l’église comprend une nef et un chœur de quatre travées séparés par un transept. Deux bas-côtés de moindre hauteur courent sur toute la longueur de l’édifice. Il est probable que le bas-côté sud-ouest était au départ inexistant ou beaucoup moins large car il se trouvait sur le passage des murailles de la première enceinte. Leur démolition par le prieur de Rély au début du XVIe siècle permit de reconstruire ce collatéral avec une plus grande largeur. De même le transept sud a été remanié et une chapelle lui a été adjointe. La sacristie date également du XVIe siècle (porte décorée de pilastres et de festons).

L’église était surmontée dès l’origine par un clocher sur une tour carrée avec une toiture pyramidale à quatre pentes (il existait encore en 1497). On peut penser que c’est au début du XVIe siècle, dans la période des grands travaux du prieur de Rély, qu’il fut surélevé par un étage octogonal coiffé d’une flèche de même forme. Une vue de Claude Chastillon datant de 1612 montre le clocher tel qu’il est aujourd’hui, mais parfaitement droit. En 1794, un incendie dû à la foudre attaqua les charpentes du clocher qui furent rétablies rapidement. Est-ce à la suite de ces réparations que la flèche devint torse à cause d’une déformation des poutres au séchage ?

On peut également signaler qu’un deuxième clocher avait été commencé en façade sur la travée sud-ouest de la nef. On remarque une tourelle d’escalier non terminée et l’amorce du premier étage avec ses contreforts.

Il est probable que l’édifice était couvert d’ardoises. Les toitures possédaient des toitures en pavillon sur chaque travée. En 1802, pour les besoins des guerres révolutionnaires et napoléoniennes, le plomb des solins et des noues est récupéré et ses trois cloches réquisitionnés. Quelques années plus tard, pour éviter les infiltrations, des toitures en appentis couverts de tuiles protégèrent les basses-nefs en condamnant la majeure partie des fenêtres hautes de la nef. En 1909, les appentis sont démolis et remplacés par des terrasses en béton, mais les fenêtres restent fermées. Elles ne seront rendues à la lumière qu’en 1998. En effet, depuis les années 1970, les campagnes de restauration se succèdent à un rythme rapide et la presque totalité de l’édifice a retrouvé son aspect extérieur primitif. La restitution des toitures en pavillon a été exécutée en 1999.

Architecture extérieure

Façade ouest

On est frappé par sa dissymétrie. Les portails de gauche et du centre sont du XIIIe siècle, celui de droite du début du XVIe siècle.

La nef est surmontée d’un fronton qui porte un carillon hors service de deux cloches (autrefois trois) et de deux tourelles, le tout étant un ajout du XIXe siècle. Seul, le portail principal porte quelques éléments sculptés. Dans les chapiteaux des colonnettes, un vigneron taille la vigne avec sa serpette (côté gauche) et un autre récolte le raisin (côté droit). Au centre du tympan trône une Vierge en pierre allaitant l’enfant Jésus. Ce thème est assez rare et il faut remarquer que la Vierge n’a qu’un sein.

Façade nord

Peu de choses à signaler sur cette face si ce n’est le non-alignement des murs. En effet, le plan de l’église a suivit la Rue de l’Eglise et de ce fait, le bas-côté nord du chœur s’est trouvé rétréci. Cette disposition a dû poser bien des problèmes à l’architecte.

La façade du transept nord présente un ressaut au premier étage. Elle est encadrée de gargouilles. On remarque la tourelle de l’escalier qui monte dans les combles.

Façade est

Elle est surtout visible de la porte du presbytère. Le chevet plat est percé de deux rangées de trois fenêtres. Cette disposition se retrouve surtout dans les églises cisterciennes et la mode s’en répandit dans notre région après le XIIe siècle. Les fenêtres sont bordées d’un motif en dents de scie hérité de la période romane.

Façade sud

Du jardin de la mairie, la vue sur l’édifice est beaucoup plus facile. D’abord, on peut distinguer dans le jardin un pan de mur très irrégulier au droit du chevet ; il s’agit des restes d’une tour de la première enceinte qui fait partie d’un bâtiment du presbytère. L’aspect général de l’église donne une idée du temps qu’il a fallu pour la construire. Le chœur est percée de fenêtres étroites, toutes simples, par contre le transept et la nef possèdent de grandes baies beaucoup plus tardives. Ces dernières de modèles différents sont peut-être une preuve du réemploi de structures. En effet, l’abbaye de Saint-Victor de Paris possédait des bâtiments monastiques à la dernière mode des progrès de l’architecture. Il se pourrait que les fenêtres qui n’étaient plus au goût du jour soient expédiées pour être réutilisées dans les établissements ruraux de l’abbaye. On peut remarquer la tourelle d’escalier qui permet de descendre sur les terrasses. Longtemps découverte, elle a retrouvé son clocheton en 1997. Tout à gauche, on voit l’amorce du clocher qui n’a pas été construit.

Le clocher

C’est également du jardin de la mairie qu’il est le plus visible. La partie basse est établie sur un plan carré, chaque face étant percée de deux ouvertures allongées en plein cintre obturées par les toitures hautes. Ce soubassement d’allure romane (voir les modillons) est peut-être la seule trace de l’église primitive de Louis VI le Gros. A la fin du XVe siècle, le clocher est donc surmonté d’un étage octogonal comportant une longue fenêtre garnie d’abat-son sur chaque face. La tour est coiffée d’une flèche de 1/8 de tour d’une trentaine de mètres de hauteur, ce qui met le coq à 66 mètres au-dessus du dallage du chœur. Cette caractéristique est assez rare et est représentée en Europe sur environ 90 clochers, celui de Puiseaux figurant parmi les plus réguliers et les plus élevés.

Intérieur de l’église

Bas-côté nord de la nef

Il est encore en partie recouvert de peintures du XIXe siècle très dégradées. Les deux premières travées sont supportées par des colonnes, les deux suivantes par des faisceaux de colonnettes. Dans la deuxième travée, on peut signaler un ancien buffet d’orgues du XVIe siècle.

Transept nord

Remarquer un bénitier curieux (daté de 1682) qui est peut –être creusé dans un chapiteau roman. Le transept est entouré d’un triforium dont les colonnes ne sont pas verticales, peut-être à cause d’un affaissement de terrain. Les vitraux ont été restaurés récemment (en bas, de gauche à droite : Saint-Antoine, Sainte-Cécile, Saint-Eligius, Saint-Nicolas, Sainte-Anne et Saint-Vincent) ou remplacés par des œuvres modernes (en haut et les deux triplets est et ouest. Le mur nord porte trois tableaux, l’Adoration des bergers au centre (Naigeon, 1845), une Nativité (à gauche) et l’Assomption (à droite).

Bas-côté nord du chœurOn voit très bien son rétrécissement vers l’est et les formes tourmentées des voûtes. Ce bas-côté est bordé de colonnes avec des chapiteaux à crochets. Tout au fond, l’autel de Saint-Roch est surmonté d’une peinture murale montrant le Saint priant pour les pestiférés (Pau Balze, 1862).

Déambulatoire est

Près de la porte du presbytère, une piéta de plâtre, copie d’une œuvre en bronze de Sanson (1869) dont l’original est situé dans l’église de Nemours. Cinq vitraux imagés représentent, en haut, de gauche à droite, Saint-Sulpice, la Vierge terrassant le serpent, en bas, en médaillons, la couronne d’épines avec Saint-Louis, Louis VI le Gros remettant la charte et Henri IV en visite à Puiseaux.

Bas-côté sud du chœur

L’autel de la Vierge est surmonté d’une peinture murale (Paul Balze, 1859) représentant l’Assomption. La ville peinte en arrière plan serait le Puiseaux de l’époque. Dans l’angle, on trouve une niche avec un lavabo et un petit chapiteau renaissance.

Plus loin, on voit la porte de la sacristie coiffée des armes de l’abbaye de Saint-Victor. Au mur est scellé un bas-relief de Blanchard, sculpteur né à Puiseaux, représentant une nativité entourée des visiteurs royaux de l’église. Louis VI, Saint-Louis et Henri IV. Regardons en passant la statue (malheureusement un peu abîmée) de Saint-Michel.

Transept sud

Une belle porte renaissance donne accès à la chapelle du sépulcre. La descente de croix comporte huit statues de pierre en costume François Ier. De gauche à droite, on reconnaît Joseph d’Arimathie, Marie-Madeleine, Marie Cléophas, la Vierge, Jean, Marie de Magdala et Nicodème. Le Christ allongé est représenté plus grand que nature. La fenêtre du mur sud est garnie d’un vitrail. C’est une Crucifixion avec à gauche Saint-Jean et à Droite Joseph d’Arimathie et les Saintes Femmes (vitrail offert par les trois frères Dumesnil en 1856). Une vitrine contient un reliquaire provenant de l’église de Dimancheville et un certain nombre d’objets de culte. La porte de la chapelle est surmontée d’un tableau marouflé de Paul Balze (Quo Vadis).

Bas-côté sud de la nef

On distingue nettement les modifications intervenues après la démolition de la première enceinte. Chaque travée a pu ainsi être prolongée vers le sud. Ce bas-côté est bordé par des piliers sans chapiteaux. Au fond, une belle armoire ancienne cache la porte qui communiquait avec le prieuré.

La nef

Nous sommes maintenant au fond de la nef. Le grand portail est couvert par la tribune. La balustrade qui en fait l’ornement principal est composée de douze panneaux de bois sculptés représentant les apôtres.

La tribune supporte depuis 1999 un orgue composé de dix-sept jeux, deux claviers et un pédalier et compte plus de 1200 tuyaux.

Les fenêtres hautes du sud ont été réouvertes en 1997 et garnies de vitraux losangés. Celles du nord ont été à leur tour restaurées en 1999.

La croisée du transept

C’est l’endroit le plus élevé des voûtes : 16,20 m. Les quatre énormes piliers formés de faisceaux de colonnettes soutiennent la masse du clocher. Des mouvements de terrain ont nécessité la pose de tirant métalliques pour garantir la solidité de l’édifice. La clé de voûte circulaire permet le passage des cloches.

Le chœur

Il est comme la nef composé de quatre travées. Elles sont bordées de colonnes. Celles de droite, restaurées au XIXe siècle, possèdent des chapiteaux sans décor. Près de l’autel, on peut admirer une Vierge en bois peint. Elle pourrait dater du XVIIe siècle et avoir appartenu à un groupe de l’Annonciation.

Les combles

A Puiseaux, il est possible de faire la visite accompagnée des combles. Des cheminements solides installés au-dessus des voûtes permettent de circuler partout. L’accès au combles se fait par un escalier de pierre en colimaçon dont l’entrée est dans le bas-côté nord de la nef. Sous le mécanisme moderne de l’horloge, on a disposé quelques objets appartenant à l’église : l’ancienne horloge à poids daté de 1830, la cloche manquante du carillon et une planche trouvée dans le démontage de la tribune et portant une inscription relative à la restauration de l’orgue en 1782.

La charpente

La charpente du chœur est composée de chevrons formant fermes complètement indépendant les uns des autres ; un entrait bas tous les 4/6 fermes maintient l’écartement des sablières sur le mur. Deux niveaux d’entraits retroussés et deux jambettes raidissent les chevrons. Les assemblages sont à tenons-mortaises.

La technique employée pourrait correspondre à une période de construction de la fin du XIIe au milieu du XIIIe siècle.

Cette charpente a été renforcée par des éléments métalliques (boulons – brides) au cours du siècle dernier.

La charpente de la nef est au premier abord de conception très similaire au chœur, mais de nombreux détails la différencient.

La charpente est composée de chevrons formant fermes. On retrouve un entrait bas tous les 5/6 fermes, deux niveaux d’entraits retroussés, deux aisseliers sont assemblés à tenons-mortaises sous le premier entrait retroussé, les jambettes sont assemblées à embrèvement et tenons sur le blochet pour faciliter le levage de la charpente.

Pour assurer la stabilité longitudinale de la charpente, les poinçons ont été introduits pour assembler le faîtage et le sous-faîtage.

Cette conception pourrait correspondre à une construction milieu XIIIe à début XIVe siècle.

Des éléments en bois ont été rajoutés pour stabiliser la charpente dans le plan transversal ; de même on a renforcé les assemblages. Les travaux ont été entrepris au cours du XIXe siècle.

La charpente du transept nord est de conception très similaire à la nef. Cette charpente à chevrons formant fermes pourrait être antérieure à la charpente de la ferme de la nef du fait de l’absence du faîtage. Des pannes en bas de pente ont été posées pour renforcer les chevrons.

La charpente du transept sud est composée d’un système à fermes et pannes d’épure très simple avec poinçon et entrait bas. Contrefiche et jambe de force raidissent l’arbalétrier. La stabilité longitudinale est assurée par un faîtage, sous-faîtage et liens de faîtage. Cette charpente pourrait dater de la fin XVIe – XVIIe siècle.

Le clocher

Revenons maintenant au-dessus de la croisée du transept, dans la partie romane carrée de la tour. On distingue les fenêtres en plein cintre dont quatre servent aux accès des combles. Les quatre autres ont été obturées pour laisse la place aux quatre pieds du beffroi. Ce dernier est une norme construction de poutres de plus de quinze mètres de haut touchant seulement la maçonnerie par quatre points : on peut imaginer un gigantesque tabouret dont les quatre pieds reposent sur les corbeaux. Le beffroi étant ainsi indépendant de la tour, les vibrations et le ballant des cloches ne se transmettaient pas aux murs.

On remarque également dans les coins les trompes qui permettent de passer du plan carré au plan octogonal.

Escaladons maintenant la première échelle. Nous arrivons sur le plancher du beffroi. Les fenêtres hautes du clocher sont accessibles et permettent des vues élevées de la ville. Elles ont été fermées en bas par des plaques de plexiglas pour éviter les rigueurs du vent.

Le beffroi remplit tout l’espace au-dessus de nos têtes. Il supporte trois cloches.

Continuons la montée ; la première échelle conduit à un pallier intermédiaire d’où on voit bien les cloches. La deuxième échelle va jusqu’à la première enrayure à la base de la flèche. Cette dernière est constituée par huit enrayures reliées en leur centre par le poinçon. La torsion accidentelle de ce poinçon au séchage a entraîné celle de toute la flèche car aucune pièce en oblique ne s’opposait à ce mouvement. Il est bien certain que l’architecte n’a pas voulu cette torsion. En effet, les charpentiers ont bien taillé tous leurs assemblages d’équerre, si bien qu’aujourd’hui les tenons « baillent » dans les mortaises et les chevilles ont été rompues.

La torsion a donné une position oblique aux arêtiers et aux chevrons. De ce fait, la hauteur de la flèche a diminué de quelques centimètres. Comme le poinçon, lui n’a pas raccourci, il a donc subi une traction très importante vers le bas et a brisé les enrayures qui ont la forme de cônes inversés très évasés. Des renforts de métal ont même été posés pour consolider les enrayures. Cette rupture a permis au clocher de conserver une forme harmonieuse et régulière (dans d’autres clochers où les enrayures ont tenu, c’est le poinçon qui a cassé : ainsi à Le Vieil Baugé et à Saint-Viatre, les flèches sont légèrement « pliées »).

La charpente de la flèche

C’est une œuvre remarquable pour un charpentier, non par la particularité de la flèche torse mais par le travail et le levage d’un tel ouvrage.

La charpente est composée d’un poinçon en deux éléments sur toute la hauteur, de différents niveaux d’enrayures, d’arêtiers assemblés sur c es planchers et de chevrons de remplissage.

La stabilité intérieure est assurée par des croix de Saint-André et des liens de décharge renvoyant les efforts vers le centre.

Au droit des enrayures, l’utilisation de bois moisés reliés par des clés de bois, le renflement des bois au droit de certains assemblages et les dessins en tête et en pied de poinçon semblent correspondre à (…. Manque un bout de la phrase)

Les cloches

Sur le pignon de l’église, deux cloches faisant partie d’un carillon : inscriptions illisibles

Sur la voûte de la nef, cloche faisant partie du carillon ci-dessus : HILDERAND MAITRE FONDEUR A PARIS ME FIT EN 1830

Dans le clocher, grande cloche : illisible …. DEVILLIERS MAIRE DE …illisible ….FAISANT ENCORE ….illisible …. DE PIERRE …. Illisible …. CELUI DE MARIE PATRONE DE ….illisible N PEIGNEY L ROSIE FONDR

Cloche moyenne : REFONDUE EN 1920 JAI ETE BENITE PAR M JANVIER CURE DOYEN DE PUISEAUX CHANOINE D ORLEANS ET JAI NOMMEE MARGUERITE MARIE EN L HONNEUR DU SACRE CŒUR ET DE MARGUERITE MARIE SA SAINTE CONFIDENTE CANONISEE LE 13 DE CE MEME MOI MARGUERITE MARIE CHAMBON FONDEUR MONTARGIS

Petite cloche : JEANNE CE NOM MA ETE DONNEE EN L HONNEUR DE SAINTE JEANNE D ARC CANONISEE LE 16 DE CE MOIS DE MAI 1920 ET EN MEMOIRE DES PAROISSIENS HEROS DE LA GRANDE GUERRE 1914 – 1918 MORTS COMME ELLE POUR LA FRANCE ET POUR DIEU MON PARRAIN QUI MA BENITE A ETE MR JANVIER CURE DOYEN DE PUISEAUX CHANOINE D ORLEANS JEANNE